Centre-ville : l’urgence de la transparence
Tribune dans le Sévrien de janvier 2026
En avril 2025, nous avons demandé à la Société Publique Locale Val de Seine Aménagement, en charge du projet Cœur de Sèvres, la communication de l’ensemble des études réalisées. La liste de ces études avait été fournie lors d’une réunion publique en 2023. Malgré notre statut d’élu-es, cette demande a été partiellement refusée, nous obligeant à saisir la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA). L’avis rendu par celle-ci est clair : « Les études et les diagnostics réalisés par ou à la demande d’une collectivité publique en vue de la réalisation de projets de travaux ou d’aménagement sur son territoire constituent des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande. »
Cet avis rappelle une évidence : dans une démocratie, les projets publics doivent être portés par la transparence et la participation. Pourtant, à Sèvres, le fonctionnement est pour le moins opaque : les choix réalisés pour le réaménagement du centre-ville se font sans ou contre l’avis des habitant-es et il est soigneusement évité de rendre publics les éléments qui les ont orientés. Les documents qui ont été fournis sur papier sont presqu’illisibles, certains ne correspondent pas à notre demande. Et des questions subsistent : à quels autres usages sont destinés les locaux du bâtiment du marché ? Une enquête publique est-elle prévue dans la procédure ? Quel devenir pour le centre administratif ?
Ces pratiques posent une question fondamentale : comment élaborer un projet d’intérêt général si les habitant-es, concerné-es au premier chef, n’ont pas accès aux informations nécessaires pour comprendre, débattre et contribuer ? L’opacité ne profite à personne. Elle alimente la défiance, les rumeurs et, in fine, affaiblit la qualité des projets. A l’inverse, la transparence permet d’enrichir les projets grâce à l’expertise des citoyen-nes et de restaurer la confiance entre les élu-es et les habitant-es. La transparence n’est pas une option, mais une exigence démocratique. De nombreuses villes ont choisi le camp de la transparence, les documents sont accessibles, les débats sont ouverts et les projets en sortent renforcés. Pourquoi à Sèvres est-ce différent ?
Engager 48 millions de fonds publics (a minima) cela ne doit pas se faire sans écouter et prendre en compte vraiment l’avis des Sévriennes et les Sévriens sur leurs attentes et leurs besoins. Les investissements doivent être réalisés dans tous les quartiers et pour toutes et tous. En ce début d’année, nous vous souhaitons beaucoup de bonheurs, une bonne santé et nous formons l’espoir d’une ville qui se pense et se construit différemment !
Catherine Candelier, Jean Duplex, Anne-Marie de Longevialle Moulaï, Frédéric Puzin