Ile Seguin
Révision partielle du PLU de Boulogne-Billancourt
Les élus Europe Écologie Les Verts de Sèvres tenaient à s’exprimer lors de cette enquête publique. Sous couvert d’une révision partielle du PLU de Boulogne-Billancourt, la municipalité boulonnaise envisage de bouleverser la physionomie d’une des plus belles boucles de la Seine. Cette révision qui fait passer la constructibilité de 175 000 m2 à 330 000 m2 n’est pas anodine. Elle nous semble même en contradiction avec le PADD de la commune ainsi qu’avec les règlements d’urbanisme de rang supérieur tels que la loi sur l’air, la charte de l’environnement, le schéma directeur de la région Île-de-France...
En multipliant par trois la constructibilité sur l’île Seguin, ce projet ne construit pas la ville dense que nous appelons de nos vœux. Il accentue les déséquilibres entre l’est et l’ouest de la région Ile-de-France, mais également le déséquilibre interne au territoire en multipliant le nombre de m2 de bureaux. Ce déséquilibre interne ne permet pas de donner une réponse aux besoins criants de logements et particulièrement de logements sociaux Il impose des déplacements pendulaires à 15 000 personnes supplémentaires. Une charge que les infrastructures de transport ne peuvent supporter. En la matière nous cumulons les retards, et l’indispensable tramway qui devrait relier l’île Seguin à Saint-Cloud en passant par la place Marcel Sambat est encore dans les limbes. Il est irresponsable de compter sur la voiture individuelle pour pallier les carences de transports en commun. C’est pourtant ce qui nous est proposé aujourd’hui. L’île Seguin, qui devait être une île sans voitures est, dans le projet de Jean Nouvel, truffée de parkings. Plus de voitures c’est toujours plus de pollutions, toujours plus de gaspillages, même les « grands architectes » devraient le comprendre.
Il s’agit donc d’une option majeure camouflée en opération de communication par les élus de la majorité. L’exposition dans le hall de l’hôtel de ville s’apparente à de la propagande et le registre d’enquête relégué au deuxième étage est particulièrement difficile à trouver. Dire que l’on n’encourage pas les citoyens à s’exprimer est un euphémisme.
Heureusement, les associations de défense de l’environnement sont attentives à l’évolution des projets sur les anciens terrains Renault. Elles condamnent la densification extrême que le maire de Boulogne-Billancourt sort de son chapeau, au mépris de toute concertation. Le compromis trouvé en 2005 lors de l’adoption du PLU et qui fixe à 175 000 m2 la densité maximale sur l’île Seguin doit être respecté. C’est ce que ne cessent de répéter les écologistes du Val de Seine et que, en qualité d’élus, nous tenions à affirmer avec eux.
Le 10 mars 2011
Catherine Candelier & Luc Blanchard, conseillers municipaux de Sèvres